Référé-expertise construction
Lorsqu’un chantier révèle des malfaçons, des fissures, des infiltrations, un abandon de chantier ou des désordres affectant un ouvrage, il est souvent indispensable de faire constater techniquement la situation avant d’engager une action au fond.
En matière de construction, les responsabilités peuvent être multiples : constructeur, maître d’œuvre, architecte, entreprise de travaux, artisan, vendeur, promoteur, assureur dommages-ouvrage, assureur décennal ou encore bureau d’études.
Dans ce contexte, le référé-expertise constitue une procédure particulièrement utile. Il permet de solliciter rapidement la désignation d’un expert judiciaire afin de constater les désordres, d’en rechercher les causes, d’identifier les responsabilités éventuelles et d’évaluer les préjudices subis.
Maître Robin GALLAND, avocat à Aix-en-Provence, accompagne les particuliers, propriétaires, maîtres d’ouvrage, acquéreurs et professionnels dans les procédures de référé-expertise en matière de construction, devant les juridictions compétentes.
Qu’est-ce qu’un référé-expertise en matière de construction ?
Le référé-expertise est une procédure judiciaire permettant de demander au juge la désignation d’un expert avant tout procès au fond.
Cette procédure est généralement engagée sur le fondement de l’article 145 du Code de procédure civile, lorsqu’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige.
En pratique, cela signifie qu’avant de demander une indemnisation définitive, une résolution de contrat, une reprise des travaux ou la condamnation d’une entreprise, il peut être nécessaire de faire constater les désordres par un expert indépendant désigné par le juge.
L’expert judiciaire n’a pas pour rôle de trancher le litige à la place du tribunal.
Sa mission consiste à éclairer techniquement la juridiction sur l’origine des désordres, leur gravité, les responsabilités susceptibles d’être engagées, les travaux nécessaires et le coût des reprises.
Son rapport constitue ensuite une pièce centrale dans la suite du dossier, que ce soit pour tenter une résolution amiable ou pour engager une procédure au fond.
Dans quels cas demander une expertise judiciaire construction ?
Le référé-expertise peut être utile dans de nombreuses situations liées à la construction, à la rénovation ou à l’acquisition d’un bien immobilier.
Il peut notamment être envisagé en présence de fissures importantes, infiltrations, humidité, défauts d’étanchéité, désordres de toiture, affaissements, problèmes de fondations, défauts de terrassement, non-conformités électriques, problèmes de ventilation, défauts d’isolation, malfaçons apparentes ou cachées, abandon de chantier, retard important dans l’exécution des travaux ou contestation sur la qualité des prestations réalisées.
Cette procédure peut également être pertinente après l’achat d’une maison ou d’un appartement, lorsque l’acquéreur découvre des désordres qui n’avaient pas été portés à sa connaissance avant la vente.
Dans ce cas, l’expertise judiciaire peut permettre de déterminer si les désordres étaient antérieurs à la vente, s’ils étaient visibles ou dissimulés, s’ils relèvent d’un vice caché, d’un défaut d’information, d’un dol, d’une malfaçon ou encore d’une responsabilité des professionnels intervenus dans l’opération.
Pourquoi ne pas attendre avant d’agir ?
En matière de construction, le temps joue souvent un rôle déterminant.
Outre les délais de prescription, certains désordres évoluent rapidement. Une infiltration peut s’aggraver, une fissure peut se développer, un ouvrage peut se dégrader ou des travaux de reprise peuvent rendre plus difficile l’identification de l’origine du problème.
Il est donc essentiel de préserver la preuve.
Le référé-expertise permet précisément d’éviter qu’un litige technique ne repose uniquement sur des photographies, des échanges de courriels ou des constats partiels. L’expert judiciaire intervient contradictoirement, c’est-à-dire en présence des parties concernées ou après leur convocation, afin que chacun puisse faire valoir ses observations.
Avant toute réparation importante, il est souvent préférable de recueillir un avis juridique afin de déterminer s’il convient d’engager une expertise judiciaire, de faire établir un constat, de solliciter une expertise amiable contradictoire ou de préserver certains éléments matériels.
Faire réparer trop rapidement peut parfois compliquer la preuve des désordres, même lorsque la réparation est nécessaire pour des raisons de sécurité ou d’habitabilité.
Qui peut être assigné en référé-expertise ?
La procédure doit être dirigée contre les personnes dont la responsabilité est susceptible d’être recherchée ou dont la présence aux opérations d’expertise est nécessaire.
Selon les cas, il peut s’agir du constructeur, de l’entreprise de travaux, de l’artisan, de l’architecte, du maître d’œuvre, du promoteur, du vendeur, de l’agent immobilier, du diagnostiqueur, du syndic, de l’assureur dommages-ouvrage, de l’assureur décennal ou de toute autre partie intéressée.
L’identification des bons défendeurs est une étape essentielle.
Une expertise ordonnée en l’absence d’un intervenant important peut perdre en efficacité. À l’inverse, une assignation trop large ou mal structurée peut alourdir inutilement la procédure.
L’avocat intervient donc en amont pour analyser les contrats, devis, factures, procès-verbaux de réception, attestations d’assurance, diagnostics, échanges de courriels, photographies, constats et rapports amiables afin d’identifier les parties à appeler dans la cause.
Comment se déroule une procédure de référé-expertise ?
La procédure débute généralement par la préparation d’une assignation en référé.
Cette assignation expose les faits, les désordres constatés, les raisons pour lesquelles une expertise judiciaire est nécessaire, les parties concernées et la mission proposée à l’expert.
L’affaire est ensuite appelée devant le juge des référés. Si la demande est justifiée, le juge rend une ordonnance désignant un expert judiciaire et fixant sa mission.
Le juge fixe également une consignation, c’est-à-dire une provision destinée à couvrir les premiers frais d’expertise. Cette consignation est en principe avancée par la partie qui sollicite l’expertise, sous réserve d’une éventuelle répartition ou d’une demande ultérieure de remboursement dans le cadre du litige.
Après sa désignation, l’expert convoque les parties à une première réunion d’expertise. Les opérations peuvent ensuite se poursuivre par des visites sur place, des demandes de documents, des observations écrites appelées « dires », des échanges techniques et, le cas échéant, un pré-rapport.
À l’issue de sa mission, l’expert dépose un rapport définitif. Ce rapport permet ensuite d’apprécier l’opportunité d’une négociation, d’une demande indemnitaire, d’une procédure au fond ou d’une action contre les assureurs.
Quel est le rôle de l’avocat pendant l’expertise judiciaire ?
L’assistance d’un avocat ne se limite pas à l’audience de référé.
En matière de construction, l’expertise judiciaire est souvent le moment le plus important du dossier. C’est au cours de cette phase que se construisent les bases techniques et juridiques de la future discussion.
Maître Robin GALLAND accompagne ses clients dès l’analyse initiale du dossier, afin d’identifier les pièces utiles, les responsabilités envisageables et la stratégie procédurale à mettre en œuvre.
Il rédige l’assignation en référé, propose une mission d’expertise adaptée, veille à appeler les parties concernées dans la cause et assure le suivi de la procédure.
Pendant les opérations d’expertise, il assiste son client dans les échanges avec l’expert, prépare les observations écrites, analyse les positions adverses, formule les demandes nécessaires et veille au respect du principe du contradictoire.
Cette intervention est essentielle pour éviter que certains désordres soient écartés, que certaines responsabilités ne soient pas examinées ou que certains préjudices ne soient pas suffisamment pris en compte.
Quels documents préparer avant un référé-expertise construction ?
Pour préparer efficacement une demande de référé-expertise, il est utile de réunir l’ensemble des documents relatifs au chantier ou à l’acquisition du bien.
Il peut notamment s’agir des devis, factures, contrats, marchés de travaux, plans, permis de construire, déclaration préalable, procès-verbal de réception, réserves, attestations d’assurance, garantie décennale, assurance dommages-ouvrage, diagnostics immobiliers, acte de vente, compromis de vente, courriels, SMS, photographies, vidéos, constats de commissaire de justice, rapports d’expertise amiable ou échanges avec les entreprises.
Ces éléments permettent d’établir la réalité des désordres, leur chronologie, les intervenants concernés et l’intérêt légitime à solliciter une expertise judiciaire.
Plus le dossier est préparé en amont, plus la demande présentée au juge des référés est claire et efficace.
Référé-expertise, malfaçons et garanties construction
Les litiges de construction peuvent relever de plusieurs fondements juridiques selon la nature des désordres, leur date d’apparition et les contrats conclus.
Certains désordres peuvent relever de la garantie de parfait achèvement, de la garantie biennale, de la garantie décennale, de la responsabilité contractuelle de droit commun, de la responsabilité du vendeur, de l’assurance dommages-ouvrage ou encore de la responsabilité des constructeurs.
L’expertise judiciaire permet précisément d’éclairer ces questions.
L’expert peut être chargé de décrire les désordres, dire s’ils compromettent la solidité de l’ouvrage, s’ils rendent l’ouvrage impropre à sa destination, s’ils relèvent d’un défaut d’exécution, d’un défaut de conception, d’un défaut d’entretien ou d’une cause extérieure.
Cette analyse technique est souvent déterminante pour orienter la suite du litige et déterminer les demandes pouvant être formées.
Après le rapport d’expertise : négociation et/ou procédure au fond
Le dépôt du rapport d’expertise ne met pas nécessairement fin au litige.
Dans certains dossiers, le rapport permet d’ouvrir une discussion amiable sérieuse, notamment lorsque les causes des désordres et les responsabilités sont clairement identifiées.
Dans d’autres situations, une procédure au fond doit être engagée afin d’obtenir la condamnation des parties responsables au paiement des travaux de reprise, des préjudices de jouissance, des frais annexes, des pertes financières ou de toute autre indemnisation justifiée.
L’expertise judiciaire constitue alors le socle technique de l’action indemnitaire.
Maître Robin GALLAND accompagne ses clients après le dépôt du rapport afin d’analyser ses conclusions, évaluer les suites à donner, chiffrer les demandes et mettre en œuvre la stratégie la plus adaptée.
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Avocat en référé-expertise construction à Aix-en-Provence, Maître Robin GALLAND intervient en droit immobilier, droit de la construction et contentieux foncier.
Il accompagne ses clients dans les procédures de référé-expertise relatives aux malfaçons, fissures, infiltrations, désordres de construction, abandons de chantier, vices cachés immobiliers et litiges après travaux.
Son intervention vise à préserver les preuves, organiser utilement le débat technique, identifier les responsabilités et préparer les suites amiables ou judiciaires du dossier.
Maître Robin GALLAND intervient notamment à Aix-en-Provence, Marseille, Salon-de-Provence, Martigues, Vitrolles, Marignane, Istres, Pertuis et plus largement dans les Bouches-du-Rhône et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
FAQ – Référé-expertise construction
Faut-il attendre la fin des travaux pour demander une expertise judiciaire ? Pas nécessairement. Lorsqu’un chantier est interrompu, abandonné ou affecté par des désordres importants, une expertise judiciaire peut être sollicitée avant la fin des travaux afin de préserver la preuve et de constater l’état du chantier.
Puis-je faire réparer avant l’expertise ? Cela dépend de la situation. Lorsque les réparations ne sont pas urgentes, il est souvent préférable d’attendre que les désordres soient constatés contradictoirement. En cas d’urgence, il convient au minimum de conserver un maximum de preuves avant toute intervention : photographies, vidéos, constat, rapport amiable, devis et échanges écrits.
Qui paie l’expert judiciaire ? Le juge fixe généralement une consignation à la charge du demandeur à l’expertise. Cette avance ne préjuge toutefois pas de la charge définitive des frais, qui pourra être discutée ultérieurement dans le cadre du litige.
Le rapport d’expertise oblige-t-il les parties à indemniser immédiatement ? Non. L’expert donne un avis technique, mais il ne condamne pas les parties. Son rapport peut permettre une négociation amiable ou servir de base à une procédure au fond afin de solliciter une indemnisation.
Le référé-expertise est-il utile en cas de vice caché après l’achat d’une maison ? Oui. Lorsqu’un acquéreur découvre après la vente des fissures, infiltrations, problèmes d’humidité, défauts structurels ou travaux non déclarés, l’expertise judiciaire peut permettre de déterminer l’origine des désordres, leur antériorité et leur gravité.

